Bonjour,
bon, je me décide à venir raconter mon questionnement du moment...
j'effectue en ce moment mon stage dans une maison d'hébergement de Montréal qui accueille des femmes en difficultés. Pour la plupart, elles souffrent de troubles de santé mentale, ce qui fait que l'intervention doit s'adapter à chacune des femmes.
Depuis le début de mon stage, je peine à trouver ma place auprès d'une jeune femme qui a une personnalité narcissique, voire borderline. S. est complètement brisée par tous les évènements qu'elle a subi depuis sa naissance, et a été trimbalée de familles d'accueil en maisons d'hébergement (structures type CHRS). Ayant vécu pas mal de violence, de tout type, son seul moyen de défense est d'attaquer, d'user elle-même de violence (plus verbale que physique). La relation qu'elle a avec les autres résidentes est très compliquée, toutes se soumettent pour éviter les conflits. Je ne parle pas des situations où elle se trouve face à une femme ayant la même personnalité qu'elle...
Elle attache énormément d'importance à la hiérarchie: elle idolâtre la chef d'équipe, et pense qu'elle seule peut régler ses problèmes, et ne respecte pas les remplaçantes. Donc imaginez la place d'une stagiaire pour elle...
Donc, depuis que je suis là, elle se méfie de moi, et n'hésite pas à faire des allusions lorsque ce que je dis ne lui plait pas. D'ailleurs, elle ne supporte pas de m'entendre plaisanter sur les différences de culture entre québécois et français. Par moment, j'ai bien cru avancer avec elle, par l'intermédiaire d'activités qu'on a pu faire ensemble. Elle a par exemple vu que j'étais humaine, avec les mêmes émotions que toute personne.
Jusque là, tout ce qu'elle pouvait dire ou faire était trop léger pour que je puisse intervenir. Du moins, c'est ce que je me persuadais, dans l'espoir que le temps changerait les choses.
Jusqu'à un certain incident, où elle a clairement dit devant tout le monde qu'elle considérait que je n'étais pas une intervenante, rajoutant "en tout cas, ça parait pas". J'avoue avoir été pétrifiée de ce qu'elle a dit là, incapable de répondre quoi que ce soit. C'est l'intervenante présente qui a "pris ma défense", expliquant que c'était méprisant et irrespectueux. IL faut savoir que ce n'était pas gratuit, et qu'elle avait toute une série d'exemples prouvant que je n'étais pas une bonne professionnelle. Le déroulement de la soirée et de la suite fait que je n'ai encore pas pu parler de ça avec elle. L'équipe a en effet décidé que c'était la goutte d'eau de trop (elle avait un avertissement de ne pas recommencer ses accès de violence contre résidentes ou intervenantes), et l'a envoyée en semaine de réflexion à l'extérieur. Cela consiste à une sorte de renvoi temporaire de la maison, avec toute une série de questions auxquelles elle doit avoir réfléchis et répondu sur un thème donné. Ici la violence.
Bref, S. doit revenir vendredi. Nous savons que cette réflexion ne la changera pas profondément. Et surtout, je sais qu'il faut qu'elle me respecte comme toute autre intervenante, et que je ne dois pas lui donner raison en faisant comme si rien ne s'était passé.
Le problème, c'est que ce qu'elle m'a dit m'a pas mal touchée: évidemment, je ne suis pas parfaite, et même si je sais que ce n'est pas la bonne réaction à avoir, je cherche ce que j'ai pu faire pour qu'elle m'en veuille à ce point, et surtout ce qu'il faut que je change. Du coup, j'arrive à me dire qu'elle n'avait pas tout à fait tord. Ce qui fait que je sens ma confiance en moi pas mal fragile, et que j'appréhende nos "retrouvailles".
Maintenant, c'est un cercle viscieux, et je sais que la seule solution est que j'ai une conversation sur ce qu'il s'est passé avec elle. Oui, mais et si elle continuait d'avoir le pouvoir? Comment casser ça?
Ceux-ci sont des questionnements à voix haute, je sais que je suis seule à avoir la réponse. Peut-être que de le mettre par écrit va m'aider.
bon, je me décide à venir raconter mon questionnement du moment...
j'effectue en ce moment mon stage dans une maison d'hébergement de Montréal qui accueille des femmes en difficultés. Pour la plupart, elles souffrent de troubles de santé mentale, ce qui fait que l'intervention doit s'adapter à chacune des femmes.
Depuis le début de mon stage, je peine à trouver ma place auprès d'une jeune femme qui a une personnalité narcissique, voire borderline. S. est complètement brisée par tous les évènements qu'elle a subi depuis sa naissance, et a été trimbalée de familles d'accueil en maisons d'hébergement (structures type CHRS). Ayant vécu pas mal de violence, de tout type, son seul moyen de défense est d'attaquer, d'user elle-même de violence (plus verbale que physique). La relation qu'elle a avec les autres résidentes est très compliquée, toutes se soumettent pour éviter les conflits. Je ne parle pas des situations où elle se trouve face à une femme ayant la même personnalité qu'elle...
Elle attache énormément d'importance à la hiérarchie: elle idolâtre la chef d'équipe, et pense qu'elle seule peut régler ses problèmes, et ne respecte pas les remplaçantes. Donc imaginez la place d'une stagiaire pour elle...
Donc, depuis que je suis là, elle se méfie de moi, et n'hésite pas à faire des allusions lorsque ce que je dis ne lui plait pas. D'ailleurs, elle ne supporte pas de m'entendre plaisanter sur les différences de culture entre québécois et français. Par moment, j'ai bien cru avancer avec elle, par l'intermédiaire d'activités qu'on a pu faire ensemble. Elle a par exemple vu que j'étais humaine, avec les mêmes émotions que toute personne.
Jusque là, tout ce qu'elle pouvait dire ou faire était trop léger pour que je puisse intervenir. Du moins, c'est ce que je me persuadais, dans l'espoir que le temps changerait les choses.
Jusqu'à un certain incident, où elle a clairement dit devant tout le monde qu'elle considérait que je n'étais pas une intervenante, rajoutant "en tout cas, ça parait pas". J'avoue avoir été pétrifiée de ce qu'elle a dit là, incapable de répondre quoi que ce soit. C'est l'intervenante présente qui a "pris ma défense", expliquant que c'était méprisant et irrespectueux. IL faut savoir que ce n'était pas gratuit, et qu'elle avait toute une série d'exemples prouvant que je n'étais pas une bonne professionnelle. Le déroulement de la soirée et de la suite fait que je n'ai encore pas pu parler de ça avec elle. L'équipe a en effet décidé que c'était la goutte d'eau de trop (elle avait un avertissement de ne pas recommencer ses accès de violence contre résidentes ou intervenantes), et l'a envoyée en semaine de réflexion à l'extérieur. Cela consiste à une sorte de renvoi temporaire de la maison, avec toute une série de questions auxquelles elle doit avoir réfléchis et répondu sur un thème donné. Ici la violence.
Bref, S. doit revenir vendredi. Nous savons que cette réflexion ne la changera pas profondément. Et surtout, je sais qu'il faut qu'elle me respecte comme toute autre intervenante, et que je ne dois pas lui donner raison en faisant comme si rien ne s'était passé.
Le problème, c'est que ce qu'elle m'a dit m'a pas mal touchée: évidemment, je ne suis pas parfaite, et même si je sais que ce n'est pas la bonne réaction à avoir, je cherche ce que j'ai pu faire pour qu'elle m'en veuille à ce point, et surtout ce qu'il faut que je change. Du coup, j'arrive à me dire qu'elle n'avait pas tout à fait tord. Ce qui fait que je sens ma confiance en moi pas mal fragile, et que j'appréhende nos "retrouvailles".
Maintenant, c'est un cercle viscieux, et je sais que la seule solution est que j'ai une conversation sur ce qu'il s'est passé avec elle. Oui, mais et si elle continuait d'avoir le pouvoir? Comment casser ça?
Ceux-ci sont des questionnements à voix haute, je sais que je suis seule à avoir la réponse. Peut-être que de le mettre par écrit va m'aider.


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