par Michel7034 le Dim 25 Nov 2007 - 22:15
Bonsoir,
Bon, pas de réponse mais je me lance :
Ce qui va suivre n'est que le fruit d'un expérience professionnelle personnelle et ne constitue en rien un article scientifique... Il est donc à prendre avec les réserves d'usage...
Notre institution accueille des personnes handicapées depuis plus de 40 ans.
L'espérance de vie des personnes atteintes du Syndrome de Down (trisomie 21) est en constante augmentation. Les hypothèses sont une amélioration de la qualité de vie, les progrès de la médecine et une plus grande stimulation depuis leur plus jeune âge.
Il y a plus ou moins 15 ans, j'ai été confronté pour la première fois à la dégradation due à l'âge d'une personne trisomique.
Depuis, j'ai pu accompagner 9 personnes trisomiques jusqu'à leur fin de vie.
Nous avons pu observer des similitudes dans leur schémas de vieillissement:
La personne trisomique vieillit lentement et harmonieusement(comme tout le monde) jusqu'à la cinquantaine(chiffres évidemment variables d'une personnes à l'autre)
A partir de cet âge, on perçoit des pertes d'acquis mais de manière peu spectaculaire. La personne et son entourage s'y habituent peu à peu.
Quelques années plus tard surgit un incident de type cérébral : le plus souvent une crise d'épilepsie alors que la personne n'en avait jamais eue, ou plus rarement un petit accident vasculaire cérébral.
Les médecins que nous avons pu consulter et plus particulièrement des neuro-chirurgiens et des epileptologues ont comme hypothèse
- que la malformation cardiaque dont ils souffrent pourrait provoquer des mini-embolies responsables de la dégradation neurologique
- que le gène 21 supplémentaire favorise la production d'une hormone qui favorise l'apparition de plaques amyloïdes responsables de la maladie d'Alzeimer. Ces plaques sont visibles de manière spectaculaire au scanner cérébral.
On observe alors une grosse perte de capacité.
Avec le temps, la personne trisomique récupère une partie de ses acquis, puis continue à vieillir plus rapidement.
Les phénomènes épileptiques, malgré les médications se reproduisent, et la personne décline de plus en plus. La période entre l'apparition de la première crise et la fin de vie est de l'ordre de deux à trois années en moyenne.
Quant à l'accompagnement de ces personnes et de leur l'entourage pendant cette période tellement humainement prenante, cela peut être le sujet d'une autre discussion...
Dernière édition par Michel7034 le Mer 2 Fév 2011 - 22:18, édité 1 fois